Analyse Juridique | Immatériel & Numérique
Interview de Frédéric Le Corre, cofondateur de Whimup : plateforme sociale d’expérience de fans
25 avril 2023

Ce mois-ci la Lettre du DPO a eu le privilège d’interroger Frédéric Le Corre, cofondateur  de la plateforme sociale d’expérience de fans, Whimup.

Spécialiste de l’écosystème sportif et cofondateur de Whimup, une plateforme sociale d’expérience de fans) il revient en détail pour la Lettre du DPO sur son parcours et livre sa vision sur l’avenir de la diffusion des contenus sportifs dans l’univers numérique. 

 

Quel est votre parcours et qu’est-ce qui vous a amené à vous intéresser au numérique et à la donnée ? 

 

Titulaire d’un DESS en Economie du Sport (Univ. de Grenoble) et d’un diplôme d’école de commerce (Brest), passionné de sport, j’ai construit mon parcours professionnel dans l’écosystème du sport. Au sein de structures parapubliques, j’ai mené des missions multi-métiers pour l’organisation de grands événements en France (Championnats du Monde de Cyclisme 2000 et d’Athlétisme 2003, Coupe du Monde de Rugby 2007) et à l’international (Championnats d’Europe de Patinage Artistique 2005 et Jeux Olympiques d’Hiver 2006 en Italie, Jeux d’Asie 2006 au Qatar, Coupe du Monde des Clubs de la FIFA 2009 à Abu Dhabi, Championnats du Monde de Natation 2010 à Dubaï, CAN – « Coupe d’Afrique des Nations de Football » 2012 et 2017 au Gabon). J’ai également une expérience en agence conseil et marketing (Responsable marketing chez Havas Sports Italie et Directeur de projet chez Keneo). 

 C’est durant l’organisation de la dernière CAN de football, nommé Coordinateur Général de l’évènement (4 sites, +350.000 spectateurs), que j’ai pris conscience du gap existant dans l’expérience de fan entre ce que l’on proposait et le potentiel que pouvait générer le digital en matière d’engagement et de monétisation. Mais, entre la maturation de l’idée et le développement d’une solution à cette problématique, quelques années se sont passées… 

 Après avoir repris et consolidé deux entreprises dans la publicité numérique, j’ai, en parallèle, cofondé Whimup avec une équipe d’associés aux profils complémentaires. Il s’agit d’une plateforme sociale d’expérience de fans, pour répondre aux problématiques précédemment exposées ! Notre promesse est de mettre les fans au cœur de l’action par la gamification de l’expérience et générer de nouveaux revenus aux clubs. C’est ce projet qui m’a conduit à m’intéresser de plus près au numérique et à la donnée. 

2/- Quelles sont vos responsabilités et les missions que vous menez, plus particulièrement actuellement ?   

Déchargé de l’opérationnel du groupe Wijoo depuis le début de l’année, dont j’assure la présidence, je chasse les opportunités de croissance et de diversification. Pour Whimup, j’ai pris en main la start-up après une période de maturation et de développement du concept commercial. Plus particulièrement, en ce moment je démarche les clubs professionnels pour leur présenter le prototype sorti en début d’année. Les jalons sont posés pour une mise sur le marché de l’application en juillet de cette année à l’orée de la saison 2023/2024. Nous sommes actuellement en train de contractualiser nos premiers clients club, recrutons nos premiers coéquipier(e)s pour compléter l’équipe déjà en place, et avons lancé le processus de levée de fonds. Nous avons trois enjeux prioritaires :  

  • Démontrer la pertinence des mécaniques d’engagement par la gamification de l’expérience ; 
  • La monétisation de la cible des fans digitaux par des leviers softs et la distribution d’items virtuels innovants ; 
  • Valoriser les datas générées au sein de l’application. 

 L’univers du numérique et le ciblage de la génération Z amènent en permanence de nouvelles réflexions et un certain nombre de challenges au quotidien que l’on est amenés à confronter avec notre support juridique. 

3/- Quelle est votre vision sur l’avenir de l’économie numérique, notamment en ce qui concerne la diffusion de contenus ? 

Je pense que le modèle « traditionnel » de diffusion de contenus sportifs par le biais de la télévision va s’équilibrer au profit de plateformes de streaming légales en OTT (over-the-top service) pour un certain nombre de raisons :  

  • la surabondance publicitaire dans les temps morts, qui pourraient être comblés par du contenu divertissant ou à plus forte valeur ajoutée (statistiques, capsules vidéo courtes…) ; 
  • les coûts d’accès aux événements sportifs télévisés sur les canaux traditionnels ; 
  • le besoin des jeunes générations de consommer différemment le sport (« snacking », « zapping », « scrolling »…) 
  • l’émergence de nouvelles plateformes qui proposent du contenu sportif de qualité (niveau de production visuelle et sonore, niveau et notoriété des intervenants journalistes et consultants…) et des abonnements à tarif accessible (l’exemple d’Amazon avec la Ligue 1) ; 
  • la possibilité via l’Internet d’intégrer aisément des contenus générés par d’autres canaux (jeux en ligne, interactions fans, outils de statistiques, publicité ciblée, etc.).  

Dans quelques années, la proportion de personnes qui regarderont les Jeux Olympiques ou la Coupe du Monde de Football depuis leur smartphone devrait dépasser les audiences télévisuelles, par un contenu enrichi et un accès de qualité permanent aux contenus (couverture 5G avec absence de latence et réduction de la consommation d’énergie). On peut même envisager une nouvelle révolution dans la consommation d’événements sportifs lorsque les contenus générés par les fans et ceux déjà en expérimentation générés par les joueurs seront diffusés via ces plateformes (dont l’activité est de plus en réglementée, notamment avec le Digital Markets Act (DMA) et le Digital Services Act (DSA) qui limitent la domination économique des grandes plateformes et la diffusion en ligne de contenus et produits illicites) et généreront de nouvelles formes d’interactions. En tout cas, c’est le pari que nous faisons chez Whimup ! 

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